C’est quoi l’obésité ?

Quand on parle d’obésité, on pense souvent au poids.
Mais être lourd veut-il forcément dire qu’on est obèse ? Pas nécessairement.

En France, l’Assurance Maladie définit l’obésité comme un excès de graisse dans le corps. L’Organisation mondiale de la santé parle, elle aussi, d’une accumulation excessive de graisse pouvant nuire à la santé.

Sur le principe, la définition est donc claire : l’obésité concerne un excès de masse grasse, et non simplement un poids élevé.

Pourtant, dans la pratique, on continue le plus souvent à s’appuyer sur un indicateur indirect : l’indice de masse corporelle, ou l’IMC.

Le problème de l’IMC : il mesure le poids, pas la graisse

L’IMC se calcule en divisant le poids par la taille au carré.
C’est un outil simple, rapide, et très utilisé. Mais il a une limite majeure : il ne mesure pas directement la graisse corporelle.

Autrement dit, l’IMC ne distingue pas :

  • la masse grasse,
  • la masse musculaire,
  • la masse osseuse,
  • ou encore la structure corporelle.

Résultat : deux personnes peuvent avoir le même IMC et pourtant une composition corporelle très différente.

C’est ce qui explique pourquoi certaines personnes très musclées, notamment chez les sportifs, peuvent être classées en surpoids ou en obésité selon l’IMC, alors qu’elles n’ont pas d’excès de graisse. Plusieurs travaux ont d’ailleurs montré qu’une part importante d’athlètes entre dans ces catégories selon cet indicateur, alors même que leur profil corporel est loin de correspondre à l’image habituelle de l’obésité. Une étude sur +600 athlètes a montré que 25% parmi eux seraient faussement classés en surpoids ou en obésité selon l’IMC : même LeBron James serait classé en surpoids (limite d’obésité).

À l’inverse, une personne peut avoir un IMC considéré comme “normal”, tout en présentant un excès de graisse corporelle, en particulier si sa masse musculaire est faible. Dans certains cas, cette graisse est peu visible, mais elle peut tout de même avoir un impact sur la santé, notamment lorsqu’il s’agit de graisse viscérale.

L’IMC est donc pratique, mais il ne reflète pas toujours la réalité que l’on cherche à mesurer.

Le pourcentage de masse grasse semble plus logique… mais il a aussi ses limites

Face aux limites de l’IMC, on pourrait penser que la solution est simple : regarder directement le pourcentage de masse grasse.

C’est déjà une approche plus cohérente. Des organismes comme l’American Council on Exercise proposent d’ailleurs des repères permettant de situer différentes catégories de composition corporelle, avec des seuils distincts pour les femmes et pour les hommes.

Cet indicateur présente un avantage évident : il s’intéresse enfin à la graisse.
Mais là encore, il faut rester prudent.

Pourquoi ? Parce qu’un pourcentage ne dit pas tout.

Si une personne garde la même quantité de graisse mais perd une partie de sa masse musculaire, son pourcentage de masse grasse peut augmenter, parfois fortement. Pourtant, sa quantité totale de graisse n’a pas forcément changé. Le pourcentage évolue donc non seulement en fonction de la graisse, mais aussi en fonction du reste de la composition corporelle.

Autre point important : chercher à réduire son pourcentage de graisse n’est pas toujours une bonne idée. Certaines personnes ayant déjà un niveau de graisse compatible avec une bonne santé peuvent vouloir atteindre des catégories dites “sportives” ou “athlétiques”. Or, pour le faire, elles réduisent leur apport calorique pour perdre de la graisse, au lieu d’essayer de gagner en muscle (comme les vrais athlètes). Sur la durée, une masse grasse insuffisante peut avoir des conséquences réelles : baisse d’énergie, fatigue, sensibilité au froid, perturbations hormonales, récupération plus lente, fragilité osseuse, voire complications plus graves dans les cas extrêmes.

Le pourcentage de masse grasse apporte donc une information utile, souvent plus pertinente que l’IMC. Mais lui non plus n’est pas parfait.

Si l’obésité correspond à un excès de graisse, alors une question logique se pose : pourquoi ne pas utiliser un indicateur fondé directement sur la masse grasse elle-même ?

C’est l’idée de l’indice de masse grasse (IMG), qui rapporte la masse grasse à la taille au carré, selon une logique proche de celle de l’IMC, mais en se concentrant cette fois sur la masse grasse uniquement plutôt que sur le poids total.

Cette approche repose sur une idée simple : plus une personne est grande, plus son corps a naturellement besoin d’une certaine quantité de graisse pour fonctionner correctement. Il peut donc être pertinent d’évaluer non seulement la proportion de graisse, mais aussi sa quantité rapportée à la taille.

Dans cette logique, un IMG trop faible peut indiquer un déficit de graisse, tandis qu’un IMG trop élevé peut signaler un excès de graisse.

L’intérêt de cet indicateur est qu’il se rapproche davantage de la question de départ : non pas “Combien pèse cette personne ?”, mais “A-t-elle trop de graisse, pas assez, ou une quantité adaptée à son corps ?”

Comment estimer son indice de masse grasse ?

Pour calculer ou estimer son IMG, il faut d’abord disposer d’une estimation de sa masse grasse.

Cela peut se faire de plusieurs façons :

  • Obtenir une estimation à partir de mensurations corporelles, comme le tour de taille, le tour de cou ou le tour de hanches ;
  • Obtenir une mesure à l’aide d’outils de mesure corporelle, avec des niveaux de précision variables selon la technologie utilisée, comme les balances connectées, les impédancemètres ou certains scanners corporels précis et spécialisés comme la technologie DEXA.

Toutes ces méthodes n’ont pas la même fiabilité, mais elles poursuivent le même objectif : aller au-delà du simple poids pour mieux comprendre la composition réelle du corps.

En conclusion : le poids ne raconte qu’une partie de l’histoire

Réduire l’obésité à un chiffre sur la balance est séduisant, parce que c’est simple.
Mais le corps humain ne se résume pas à son poids total.

L’IMC reste un indicateur utile à grande échelle, mais il ne mesure pas directement la graisse. Le pourcentage de masse grasse va plus loin, sans pour autant répondre à toutes les limites. Dans cette perspective, l’indice de masse grasse offre une approche intéressante, parce qu’il se rapproche davantage de la définition même de l’obésité : un excès de graisse corporelle.

Au fond, la question la plus pertinente n’est peut-être pas : “Combien je pèse ?”

Mais plutôt : “Ma quantité de graisse est-elle adaptée aux besoins réels de mon corps ?”

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Sources:
https://www.ameli.fr/hauts-de-seine/assure/sante/themes/surpoids-obesite-adulte/definition-causes-risques
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/obesity-and-overweight
Kelly et al. Dual energy x-ray absorptiometry body composition reference values from NHANES. PLoS One 4 (9) (2009): e7038.
https://www.scimex.org/newsfeed/bmi-is-not-a-good-guide-to-obesity-in-male-athletes#:~:text=BMI%20doesn’t%20distinguish%20between,obese%20based%20on%20the%20measure.

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